La VĂ©nus des mers chaudes (John Sturges, 1955) đŸ‡«đŸ‡·

Underwater! | www.vintoz.com

November 21, 2021

Ceci n’est pas une publicitĂ© pour maillot de bain une piĂšce, mais bel et bien une affiche du film Underwater ! de John Sturges glorifiant la voluptueuse actrice Jane Russell dans ces plus beaux atours. En 1955, le bikini (du nom de l’atoll du Pacifique) n’avait pas encore envahi les plages. Depuis qu’une loi amĂ©ricaine (le Hays code) avait interdit de montrer des nombrils Ă  l’écran, peu d’actrices hormis Rita Hayworth ou Ava Gardner, osaient s’exhiber dans cette tenue minimaliste.

Le bas de l’affiche annonce les rĂ©jouissances : une Jane Russell inĂ©dite, « telle qu’on ne l’a jamais vue auparavant ». On connaissait dĂ©jĂ  la sulfureuse hĂ©roĂŻne du Banni d’Howard Hughes (Ă©galement producteur de Underwater !), la brune du cĂ©lĂšbre Les Hommes prĂ©fĂšrent les blondes oĂč elle jouait l’acolyte de Marylin Monroe, la chanteuse de cabaret de Macao de Sternberg. On la retrouve ici en VĂ©nus des mers chaudes – traduction française de Underwater ! dont le point d’exclamation en dit long sur ses mensurations avantageuses
 En faisant l’acquisition de cette affiche, vous en aurez donc pour votre argent en matiĂšre de sensualitĂ© hyperbolique !

Mais celle-ci ne se borne pas seulement au portrait flatteur d’une actrice. Le dĂ©cor sous-marin nous aspire dans les aventures de plongeurs intrĂ©pides, prĂȘts Ă  en dĂ©coudre avec certains prĂ©dateurs peu avenants, comme ce puissant requin auquel semble avoir Ă©chappĂ© notre innocente hĂ©roĂŻne. Aucun masque ni tuba ne vient dĂ©figurer son visage d’ange aurĂ©olĂ© de petites bulles d’effroi. Elle reste belle en toute circonstance.

Dans le film, elle incarne Theresa, fraĂźchement mariĂ©e Ă  Johnny (jouĂ© par Richard Egan). Ils ne roulent pas sur l’or et cherchent justement Ă  en trouver quelque part au large de Cuba, oĂč reposerait une Ă©pave de galion abritant un butin. Ils s’embarquent alors dans une vĂ©ritable chasse au trĂ©sor sous-marine, accompagnĂ©s d’un ami (le latin-lover Gilbert Roland, fils et petit-fils de matadors espagnols
qui avait peur de l’eau !), d’un prĂȘtre archĂ©ologue Ă  la recherche d’une Madone et de Gloria (Lorie Nelson qui aurait dĂ» incarner le rĂŽle de Theresa) qui leur loue un bateau. Parmi les dangers, de faux chasseurs de requins qui s’avĂšrent ĂȘtre de vĂ©ritables escrocs, une Ă©pave menaçant de se dĂ©crocher d’une falaise, emprisonnant enfin Theresa cernĂ©e par des requins
 Je ne vous dĂ©voilerai pas la fin !

Un scĂ©nario un peu mince, digne selon plusieurs critiques d’un « film de sĂ©rie B sauvĂ© par des acteurs de catĂ©gorie A ». Un film qui pourtant se targue d’avoir coĂ»tĂ© « 3 000 000 de dollars » avec un tournage de pas moins de trois ans! Beaucoup de temps et d’argent perdus il est vrai, Ă  cause du mauvais temps sĂ©vissant Ă  HawaĂŻ oĂč il avait Ă©tĂ© tournĂ©. Quarante tonnes de dĂ©cor dĂ©truits avaient dĂ» ĂȘtre reconstruits en sus d’un aquarium investi pour certaines scĂšnes. En matiĂšre de records, il aura fallu attendre le film Abyss de Jim Cameron pour battre celui des 100 minutes tournĂ©es sous l’eau. On comprend alors mieux le sens du titre exclamatif Underwater !

La premiĂšre de celui-ci n’en mĂ©rite pas moins de s’exclamer. Le film a Ă©tĂ© projetĂ© sous l’eau, dans une salle de cinĂ©ma entiĂšrement submergĂ©e. Les invitĂ©s ont pu visionner le film en tenue de plongĂ©e, plus ou moins sexy
 Parmi eux, la jeune Jayne Mansfield en a profitĂ© pour faire sa promotion en perdant malencontreusement (ou heureusement) le haut de son maillot, ce qui lui a valu, Ă  peine sortie de l’eau, de dĂ©crocher un contrat avec les FrĂšres Warner. 

Quant Ă  moi, loin de m’esclaffer devant tous ces remous mĂ©diatiques, j’ai Ă©prouvĂ© un rĂ©el plaisir esthĂ©tique pour ces magnifiques images sous-marines se mariant parfaitement au bronzage et la beautĂ© sculpturale d’un Richard Egan, non moins fascinant


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