Fernandel — Une vie de chien (1943) 🇫🇷

Fernandel — Une vie de chien (1943) | www.vintoz.com

April 12, 2025

« Une vie de chien », tel est le titre de la dernière réalisation de Maurice Cannonge. Le chien, en l'occurrence, c’est Fernandel, Fernandel et son sourire, Fernandel et sa fantaisie.

Cette fois, les auteurs du film ont laissé la philosophie et ses tirades souvent ennuyeuses, loin des studios. Ils savent qu'ils ont en Fernandel un merveilleux artiste comique, et ils l'ont utilisé avec finesse, mais aussi avec bonne humeur.

— Nous avons uniquement voulu faire un film comique, confie l’un d'eux.

N'est-ce pas un des buts du cinéma : faire rire ? Ces derniers temps, nous avons vu de nombreux films à thèse, des films dits « fantastiques ». Aujourd’hui un producteur n'hésite pas à dire : « Je fais un film comique ». Il le dit avec tous les risques qu'une telle affirmative comporte, et il tient a gageure.

Ce point de départ est quasi classique : un pensionnat pour jeunes filles du monde est tenu par Jim Gerald ; Fernandel, professeur à tout faire et tête de Turc de ces demoiselles, est amoureux de Josselyne Gael, la femme du directeur. On ne doute pas un instant, une fois Jim Gerald mort d'une indigestion, qu’à la fin du film le professeur grotesque convolera er justes noces avec la veuve inconsolable. Mais pour y parvenir, que de fantaisie, que de trouvailles charmantes, Le déguisement de Fernandel en directrice d'institution en butte aux avances di président du Consortium des Pensionnats, ainsi que son voyage en compartiment de « dames seules » valent à eux seuls la peine de se déranger.

Le comique des mots et du jeu n’est pas lé seul qui compte, et on s’en aperçoit ici où le comique de situation intervient constamment.

Nous retrouvons dans ce film le Fernandel des « Cinq sous de Lavarède », de « François 1er », c’est-à-dire le Fernandel comique, celui qui plaît à tous les publics, et qui retrouve ainsi le chemin de ses premiers rôles.

La fraicheur et l'espièglerie des jeunes pensionnaires, leurs ébats, leurs sorties sous la conduite du pion Fernandel, nous font oublier d’autres productions empruntant ainsi à la vie de collège leur élément de poésie,

Ici, les scènes di pensionnat sont autant de tableaux où la jeunesse et la gaité de vivre se clament l’une l’autre et où rien ne peut se mal finir.

Et l'histoire, en effet, finit bien. |l ne pouvait en être autrement, et puisque les auteurs nous ont prévenus qu'il s'agissait d'un vaudeville, ils ne pouvaient déchoir à la règle, et nous, de notre côté, nous ne saurions nous en plaindre.

« Une vie de chien », projetée simultanément sur les Boulevards et aux Champs-Elysées, saura certainement rallier les suffrages de tous ceux qui ont toujours vu en Fernandel l'un de nos plus grands acteurs comiques.

Guy Edard.

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Fernandel est passé professeur de culture physique.

Photos de Koster

Collection: Ciné-Mondial Magazine, June 1943